«

»

Oct 12

Newsletter n°3 – Octobre 2012

Gestion Forestière, Naturalité et Biodiversité – Lettre d'information #3

Télécharger la lettre en pdf : Newsletter n°3

Édito : Bonjour à tous, nous avons terminé la campagne d'installation des placettes du projet GNB en Juin et voici enfin l’heure d'un premier bilan ! La fin du projet se profile doucement et cette troisième lettre d’information est pour nous l’occasion de vous présenter nos conclusions intermédiaires et de vous convier à une réunion de restitution des premiers résultats fin 2012. Le travail n'est pas fini pour autant, il reste encore une année d'analyse pour un panorama plus complet des résultats et avancées.

Rendez-vous pris en 2013 !

 

Bien à vous,

Coryse Pernot, Yoan Paillet & Frédéric Gosselin

 

Avancées du projet

Le plan d’échantillonnage compte à ce jour 213 placettes installées sur 15 massifs. C'est le dispositif complet sur lequel porteront les analyses de structure et taxonomiques à venir. En attendant, le stage de Master 2 de Coryse Pernot a donné lieu à une première synthèse des données dendrométriques et de biodiversité. Elles sont présentées en résumé dans cette lettre d'information. Cette étude n'est qu'une première approche sur l’analyse des différences entre forêts exploitées et non exploitées. Des analyses plus précises auront lieu l'année prochaine taxon par taxon, jusqu'à la fin du projet et sans doute au-delà.

 

 

Massifs

Exploité

Non exploité

Dendrométrie

Flore

Oiseaux

Coléoptères carabiques

Coléoptères saproxyliques

Chiroptères

Bryophytes

Champig

Plaine

Auberive

12

12

2008

2008

2009

2009

2009

2009

2012

2009

Bois du Parc

5

5

2011

2011

2012

2011

2011

2013

2012

2013

Chizé

12

12

2010

2010

2011

2010

2010

2011

2011

2011

Citeaux

6

6

2010

2010

2011

2010

2010

2010

2011

2013

Combe-Lavaux

4

4

2010

2010

2012

2010

2010

2013

2011

2013

Fontainebleau

13

16

2008

2008

2009

2008

2008

2009

2011

2009

Haut-Tuileau

7

7

2011

2012

2011

2011

2011

2011

2012

2012

Rambouillet

8

8

2012

2012

2012

2012

2012

2012

2013

2012

Verrières

4

4

2012

2012

2012

2012

2012

2012

2013

2012

Montagne

Ballons Comtois

8

8

2010

2010

2011

2010

2010

X

2011

2009

Engins

5

5

2011

2012

2013

2011

2011

X

2013

2013

Haute Chaine Jura

8

8

2012

2013

2013

2013

2013

X

2013

2013

Lure

4

4

2011

2012

2012

2011

2011

X

2012

2012

Ventron

4

4

2008

2008

2009

2009

2009

X

2009

2008

Ventoux

5

5

2011

2011

2012

2011

2011

X

2012

2012

 

Total (fin 2013)

105

108

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Premiers résultats issus du projet : résumé du stage de Coryse Pernot (2012)

L’objectif principal de ce stage était de comparer la structure et la biodiversité de forêts exploitées et non exploitées en France sur la base des données du projet. Par ailleurs, Coryse a également analysé l'effet de l’ancienneté de la dernière exploitation lorsque cette donnée était disponible. Les résultats les plus probants sont présentés ici.

Structure forestière : une différence essentiellement liée au bois mort

Le bois mort est la composante clé pour distinguer les forêts exploitées et non exploitées. En effet, que ce soit en termes de volume de bois mort total, au sol ou debout, de densité de gros bois morts au sol ou encore de densité d’arbres morts porteurs de microhabitats, toutes ces variables sont significativement plus élevées en forêt non exploitée qu'en forêt exploitée.

 

Le volume total debois mort atteint 20m3/ha en exploité contre presque 60m3/ha en non exploité. Ces chiffres sont bien entendu très variables selon le massif considéré. De manière surprenante, les autres variables de structure  analysées lors du stage (surface terrière, densité de bois vivants…) ne présentent pas de différence notoire entre zones exploitées et non exploitées.

 

 

 

 

 

De plus, suite aux recherches sur l’historique des interventions forestières, nous avons constaté que le volume de bois mort total augmentait significativement avec l’ancienneté de la dernière exploitation.

    

 

Biodiversité : analyse de la richesse totale des groupes taxonomiques

Peu de groupes taxonomiques diffèrent significativement entre zones exploitées et non exploitées. En effet, seuls les champignons lignicoles présentent une richesse spécifique plus élevée dans les forêts non exploitées, avec, en plaine, presque deux fois plus d'espèces. Cette différence s'amenuise fortement en montagne.

Pour les autres groupes, on peut émettre l’hypothèse que l’exploitation forestière n’est pas la meilleure variable explicative expliquant les différences de biodiversité entre les deux types forêts, et que d'autres variables dendrométriques restent à tester. Par exemple, le récent article de Maude Toïgo sur une partie des données de carabes montre que la surface terrière et la forme d'humus expliquent mieux les variations de richesse totale de carabes que l'exploitation. 

L’ancienneté de la dernière exploitation influence, quant à elle,  les champignons lignicoles et les coléoptères carabiques de manière significative. En effet, la richesse spécifique de ces groupes augmente avec l'ancienneté de l'arrêt d'exploitation.

Conclusions

Au cours de son stage, Coryse a analysé séparément la structure des peuplements et la biodiversité. En 2013, l’accent sera mis sur la corrélation entre éléments de structure et biodiversité. En effet, plusieurs groupes taxonomiques feront l’objet d’un sujet de stage de Master 2. Cela permettra de déployer une approche plus fine de la biodiversité, davantage liée à l’état des connaissances sur chaque taxon. Après la rédaction d’un rapport à destination des gestionnaires, les premiers résultats issus du stage de Coryse concernant la structure des peuplements feront l’objet d’un article destiné à la Revue Forestière Française. Le mémoire de Coryse est disponible sur le site internet du projet : Charger ici.

 

 

Publications et travaux

Un article utilisant les données du projet a été publié cette année :

  • Toïgo, M., Paillet, Y., Noblecourt, T., Soldati, F., Gosselin, F., Dauffy-Richard, E., (2013). Does setting aside forest reserves matter more than habitat characteristics for ground beetles? Biological Conservation 157: 215-224. Charger ici

La parution de deux articles en lien avec le projet est également à souligner. Le premier, méthodologique, souligne l’intérêt de l’approche par groupe écologique :

  • Gosselin, F., (2012). Improving Approaches to the Analysis of Functional and Taxonomic Biotic Homogenization: beyond Mean Specialization. Jounal of Ecology 100: 1289-1295. Charger ici

Le second utilise les données dendrométriques de Fontainebleau et diversifie notre approche taxonomique déjà riche :

  • Marchal, L., Paillet, Y., Guilbert, E., sous presse. Habitat characteristics of Aradidae (Insecta: Heteroptera) in two french deciduous forests. Jounal of Insect Conservation. Charger ici

Trois stagiaires ont travaillé cette année sur le projet :

  • Carole Madiou (2012) : Suivi de la dynamique temporelle du couvert forestier par analyse photogrammétrique. Master 2 SILAT, Montpellier. Charger ici
  • Coryse Pernot (2012) : Comparaison de structure et de biodiversité entre forêts exploitées et non exploitées en France, Master 2 Environnement et Aménagement, Metz. Charger ici.
  • Yannick Saas (2012) : Modèles statistiques spatialement explicites de données de comptage : analyse bibliographique et comparaison de différentes approches, Master 2 Mathématiques et Applications, Strasbourg. Charger ici

Leurs travaux sont disponibles sur le site internet du projet.